Douce France,
Cher pays de mon enfance,
Dis-moi oui dis-le moi es-tu encore en vie ?
« Douce France / Cher pays de mon enfance / Bercée de tendre insouciance / Je t’ai gardée dans mon cœur »
Chantent-ils et chantent-ils encore
Mais qu’as-tu dans le cœur pays qui t’abandonnes
À la promesse immonde et fatale à ton peuple
Aux épreuves mondialisées et au reste ?
Qu’as-tu gardé au cœur de ton passé réel ?
Si peu de valeurs ; tant de propagande,
Et ta mémoire
Se fait borgne, oh ! que vient faire ici ta tendresse insouciante
Quand des fils et des sœurs, et leurs pères et leurs pairs sont parqués
Dans des avions cachés, charters de l’oubli,
Passé refoulé, toujours réminiscent :
Le détail de l’histoire…
Au pouvoir ?
Ah, ma France, ma petite France à son peuple,
« Elle refuse de se soumettre à cette France qui voudrait qu’on bouge », dis-tu ?
Mais rappeuse, sois lucide,
Ta France à toi aussi a voté pour le massacre ou bien
(résistance dérisoire)
Elle a voté pour l’impuissance à l’empêcher.
Vous, jeunesse de France et Je m’inclue dans vous,
Vous étiez responsables et
Vous avez fait fidèlement foncer la France dans son fracas final.
Où est-elle aujourd’hui l’insolence invincible ?
Où sont-ils les Gavroche ? Où es-tu pour de vrai,
Camarade Môquet ?
Ma France…
« Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches / Pour la lutte obstinée de ce temps quotidien », chante un autre…
Obstination, mon cul !
Et combien sommes-nous, nains défiant les montagnes,
À s’entre-déchirer sur des lubies futiles dans l’œil de ce cyclone ?
Un peu moins chaque jour et parfois un peu plus,
Mais le déclin de l’espoir collectif est en vogue et les vents sont contraires
De plus en plus contraire,
Depuis trop longtemps.
Attention : l’indifférence peut tuer plus qu’un génocide quand elle est
dominante.
« J'écris dans un pays dévasté par la peste… »
Et qu’il avait raison ce poète hérétique
Que vous condamnez ou bien faites mentir
Mais…
Peut-on encore écrire dans ce pays-là ?
Le peut-on encore à cette époque-ci ?
Nos musiques ne chantent-elles pas le la
Des marchands de squelettes de ce monde aigri ?

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