J’ai beau fanfaronner
J’ai beau courir autant
Que filent les années
Sur la piste du temps
Je ne peux me guérir
J’ai beau jouer l’occupé
Jouer l’important pressé
J’ai beau tout occuper
De mes pas angoissés
Je ne peux me guérir
Je peux chanter sur scènes
Ou prendre un mégaphone
Tout paraîtra obscène
À ma mémoire aphone
Je ne peux me guérir
L’amour est ainsi fait
Que quand il brise un cœur
Le corps de ce dernier
Veut meubler son malheur
Mais ne peut se guérir
On court un peu partout
On croit même renaître
En tirant quelque coup
Mais il faut reconnaître
Que ce n’est pas guérir
Car la peau de cette autre
Que je voudrais heureuse
N’a le goût que d’une autre
À l’absence honteuse
Je ne peux me guérir
Et derrière mes rires
Comme tu sais mentir
Toi qui me fais souffrir
En voulant mon sourire
Tu sais qu’à en mourir
Je ne peux m’aguerrir

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